Synthèse des résultats du Projet National DVDC
Les infrastructures routières sont soumises à un vieillissement naturel, résultant de l’action combinée du trafic et des conditions climatiques. Leur maintenance et leur entretien constituent un enjeu économique, technique et stratégique majeur, dans un contexte où les budgets des gestionnaires sont de plus en plus contraints. Il s’agit donc de maintenir ce patrimoine dans un état permettant d’assurer durablement ses fonctions, avec un niveau de sécurité acceptable pour l’usager.
Le patrimoine d’infrastructures publiques représente une valeur considérable. Pour les chaussées, cette valeur doit être appréhendée à travers leur coût de construction, leur amortissement sur la durée d’exploitation et les dépenses d’entretien nécessaires pour préserver à la fois leur valeur patrimoniale et leur capacité à rendre le service attendu. Le sous-investissement ou l’absence d’entretien peuvent conduire à une dégradation accélérée, voire à une inadéquation progressive aux usages pour lesquels ces infrastructures ont été conçues, générant des impacts économiques et des risques accrus pour les usagers.
Dans le compte général de l’État, les infrastructures routières (autoroutes, ouvrages d’art, dépendances, équipements et systèmes d’exploitation) sont valorisées au coût de remplacement déprécié. Ce montant est estimé à 250 milliards d’euros, soit près de deux tiers des immobilisations corporelles de l’État. En intégrant les routes départementales et communales — soit près d’un million de kilomètres — la valeur globale de ce patrimoine est estimée à environ 2 000 milliards d’euros, un ordre de grandeur proche du PIB national.
Dans ce contexte, l’entretien et la préservation du réseau routier constituent un enjeu majeur pour les gestionnaires. La connaissance de la durée de vie initiale et résiduelle des chaussées est un levier essentiel pour définir les stratégies d’entretien, programmer les interventions et maîtriser les budgets. Cet enjeu n’est pas uniquement financier : plusieurs études ont montré que l’optimisation de l’entretien, raisonnée sur l’ensemble du cycle de vie, permet également de réduire les impacts environnementaux des infrastructures routières.
Les objectifs du Projet National DVDC
Pour répondre à ces enjeux, le Projet National DVDC (Durée de Vie des Chaussées), coordonné par l’IREX et mené de 2016 à 2023, s’est concentré sur l’évaluation de la durée de vie résiduelle des chaussées selon trois échelles complémentaires :
À l’échelle du réseau routier, avec une approche macroscopique de l’état des sections, permettant d’aider à la priorisation des interventions.
À l’échelle de la structure de chaussée, en analysant les mécanismes d’endommagement tels que l’apparition de fissures ou les décollements d’interfaces, intégrés dans des modèles d’évolution.
À l’échelle des matériaux, en considérant différentes natures de matériaux de chaussées. Les travaux ont notamment porté sur le comportement et le vieillissement des matériaux bitumineux, les Graves Non Traitées (GNT), l’influence des cycles de gel/dégel, ainsi que sur les matériaux de couche de roulement, dont le choix et l’entretien sont au cœur des préoccupations des gestionnaires.
Les apports scientifiques du projet ANR moveDVDC, dédiés à la modélisation du vieillissement et de l’endommagement des chaussées, ont été pleinement intégrés aux travaux du PN DVDC.
La synthèse est disponible en trois langues !
La synthèse des résultats du Projet National DVDC propose une lecture structurée et opérationnelle de l’ensemble des travaux menés, en lien direct avec les enjeux actuels de gestion durable du patrimoine routier.
Elle est organisée selon les trois échelles d’analyse du projet et vise à faciliter l’appropriation des résultats par l’ensemble des acteurs concernés.
La synthèse est disponible en téléchargement en français, anglais et espagnol.
ISBN : 978-2-9568055-6-4
ISBN : 978-2-9568055-5-7
ISBN : 978-2-9568055-7-1
DVDC, et après ?
Après six années de recueil d’informations des maîtres d’ouvrage, d’essais in situ et en laboratoire, de modélisation, certains résultats sont exploitables dès à présent quand d’autres nécessiteront des compléments. Tous contribuent cependant à l’amélioration des connaissances des structures de chaussées.
La force d’un Projet National comme DVDC est aussi de faire naître de nouvelles initiatives. Nombre de perspectives ont été évoquées lors de la journée de restitution publique des résultats.
L’aventure n’est donc pas terminée !